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Yoga Iyengar Bruxelles / soma

 

 

Yoga Iyengar Bruxelles / image 145

 

 

Soma

 

Mot sanskrit qui signifie simplement « jus » (obtenu par pressurage d’une substance végétale) et qui désigne dans la religion védique l’élixir d’immortalité, le nectar, l’ambroisie (amrta). Yoga Iyangar Bruxelles

 

C’est parce qu’ils consomment quotidiennement le soma qui leur est offert en sacrifice par les hommes que les dieux conservent leur statut d’immortels (dans la perspective hindoue, les immortels sont ceux « qui vivent aussi longtemps que dure le cycle cosmique ») : lorsque le dernier brahmane aura offert le dernier sacrifice, les dieux disparaîtront avec l’univers tout entier. Ce « crépuscule des dieux » (Götterdämmerung) n’est pas imminent, car l’Inde compte encore aujourd’hui de nombreuses familles où le culte védique est maintenu vivant.Yoga Iyangar Bruxelles


Cependant le soma n’est plus véritablement préparé depuis une période indéterminée (probablement depuis le Xe siècle) : le lait répandu en oblation dans le feu sacré lors du sacrifice du matin (agnihotra) est considéré comme une nourriture de substitution pour les dieux, jouissant des mêmes vertus. Mais il s’agit d’un pis-aller, car à l’époque védique l’agnihotra et le sacrifice de soma coexistaient. L’impossibilité où les brahmanes se sont trouvés de préparer le soma tient à plusieurs causes : la première est que la plante dont il était tiré ne devait pas se trouver dans les plaines du Pendjab, où les Aryens venaient de s’installer ; la seconde est que les rites du soma furent critiqués par des réformateurs religieux qui rejetaient à la fois l’immolation de victimes animales et la consommation rituelle de breuvages toxiques. En Iran, Zarathustra (Zoroastre) est responsable de la réforme qui visa à éliminer, de la même façon, l’usage du haoma (équivalent iranien du soma) et le sacrifice des bovins.Yoga Iyangar Bruxelles


L’identité du végétal utilisé pour la préparation du soma ne fait plus vraiment problème : à la suite des travaux d’un ethnologue américain (R. G. Wasson, Soma, 1968), il semble attesté que le soma était bien le jus de l’Amanita muscaria (amanite tue-mouches, ou fausse oronge), dont on peut, en effet, obtenir une préparation ayant des vertus hallucinogènes (ce dont tous les vieux hippies de nos contrées sont parfaitement au courant). L’utilisation de substances hallucinogènes et/ou aphrodisiaques est d’ailleurs fréquente dans pas mal de culture où existent des rites communiels : des adeptes dûment initiés sont invités à des banquets au cours desquels on consomme des offrandes consacrées en buvant un breuvage sacré (vin, hydromel, ambroisie, soma) ; inversement, ces pratiques sont battues en brèche par ceux qui prêchent l’abandon du secret et la recherche du salut sans autre moyen que le progrès moral de l’individu. La plupart des grandes religions s’efforcent d’équilibrer les deux tendances, et souvent le breuvage d’immortalité est conservé de façon purement symbolique (par exemple, vin de messe, haoma anodin des zoroastriens modernes). En Inde même, lorsque l’on prétend encore célébrer un sacrifice de soma (ce qui est plus une reconstitution archéologique qu’une véritable cérémonie religieuse), on utilise un substitut insignifiant, l’Ephedra vulgaris.Yoga Iyangar Bruxelles


Quoi qu’il en soit de ces problèmes, il reste que le prestige du soma était si grand dans la religion védique que le jus sacré en vint à être tenu pour l’un des dieux majeurs du panthéon. Près de cent cinquante hymnes lui sont dédiés dans le Rig-Véda et l’Atharva-Véda ; on le célèbre comme un mâle surpuissant, un taureau dont la semence féconde les eaux qui, à leur tour, donnent naissance aux végétaux. Ainsi Soma devient le « roi des plantes ». Cette fécondation des eaux intervenant pendant la nuit de nouvelle lune, des textes tardifs en arrivent à faire de Soma le dieu-lune. Plus tard encore, dans l’hindouisme proprement dit, Soma est l’un des noms de Shiva (dieu « lunaire » par excellence ; seigneur du linga [phallus], dieu dont l’animal emblématique est un taureau blanc). Plus profondément, Soma est avec Agni (le dieu du feu) l’une des deux forces de vie dont l’union assure la naissance et la permanence de l’univers : à Agni tout ce qui est sec, chaud, solaire ; à Soma l’humide, le froid, le lunaire ; dans cette alchimie cosmique, le premier est l’or, le second l’argent.Yoga Iyangar Bruxelles


On voit quelle est la richesse du symbolisme du soma et combien sa place dans la religion védique dépasse la simple exaltation d’un breuvage liturgique. On retiendra toutefois que cette importance diminue au moment où l’hindouisme succède au védisme (VIIIe s. env.) jusqu’à disparaître tout à fait à l’époque classique. C’est bien la preuve que toute la mythologie du soma-dieu s’ordonnait autour de la préparation du soma-jus : la notion d’élixir d’immortalité reste première lorsque l’on considère le soma.Yoga Iyangar Bruxelles

 

Sources : divers, J. Varenne, A. Padoux, Web…

 


 

 

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